Michèle
Petit
Michèle Petit est anthropologue au Laboratoire “Dynamiques
sociales et recomposition des espaces” (CNRS
/ Université Paris I). Depuis 1992, elle poursuit
des recherches sur la lecture et le rapport aux livres,
en privilégiant l’analyse de l’expérience
singulière des lecteurs et des lectrices.
Après
avoir mené une étude en
milieu rural, elle a coordonné une recherche
sur le rôle des bibliothèques publiques
dans la lutte contre les processus d’exclusion
et de relégation, fondée sur des entretiens
avec des jeunes vivant dans des quartiers “sensibles”.
Dans le prolongement de ces travaux, elle a approfondi
l’analyse de la contribution de la lecture à la
construction de soi. Elle mène actuellement
une recherche sur "la lecture dans des espaces
en crise", fondée sur l’analyse d’expériences
menées dans différentes régions
du monde, particulièrement en Amérique
Latine. À propos de
son intervention
Jeudi 27 avril 2006 (Après-midi)
La littérature
comme médiation : quelques
expériences dans des régions en guerre
Dans
différentes régions du monde qui
sont le lieu de guerres ou de violences répétées,
la littérature est une médiation privilégiée
dans certains programmes impulsés par des organismes
internationaux, des ONG ou les pouvoirs publics. Contes,
mythes, poésies, albums, romans, y sont utilisés,
particulièrement auprès d’enfants
et d’adolescents, pour relancer une activité de
symbolisation, ouvrir, de façon non catastrophique,
une voie à l’indicible. Travail d’animation
psychique, qui, particulièrement avec les garçons,
suppose de donner voix et rythme aux mots, et souvent
d’accorder image et texte, corps et verbe, en
jetant des passerelles entre pratiques culturelles.
De
tels détours desserrent l’espace et
ouvrent le temps. Ils séparent et relient, redessinent
un peu frontières et passages. Par ce biais,
la parole succède quelquefois au corps à corps,
la créativité à la destructivité,
le sens à la violence physique.
À
partir de quelques-unes de ces expériences,
on tentera d’approcher ce qui peut être
attendu de la littérature comme médiation.
De repérer ses limites, ses impasses, ses risques éventuels.
Et de cerner le rôle des médiateurs, leur
marge de manœuvre. Références bibliographiques
Ouvrages Eloge de la lecture. La construction de soi,
Paris, Belin, Collection Nouveaux Mondes, 2002.
Avec Chantal BALLEY et Raymonde LADEFROUX, De
la bibliothèque
au droit de cité, Paris, BPI/Centre Georges
Pompidou, collection "Etudes et recherches",
1997.
Articles > "
J’ai même rencontré des lecteurs
heureux !", Lecture Jeune, Paris, 2005, 116, pp.
4-17.
> "
La lecture dans des espaces en crise", Colloque
international
> "
Littérature et pratiques d’enseignement
apprentissage : difficultés et résistances",
actes publiés par l’Université Laval
(Québec, Canada) sur le site, 2005.
> "
Les pays lointains de la lecture", Ethnologie
française, 2004, XXXIV, 4, pp. 609-615.
> "
Le corps oublié de la lecture", Argos,
2004, 34, mars, SCÉRÉN, pp. 55-60.
> "
La lecture ou l’espace des possibles", in
Josiane Cetlin (dir.), Et pourquoi pas un éloge
de la lecture ?, Institut Suisse Jeunesse et médias,
Zürich, Lausanne, 2004, pp. 55-74.
id. (2003), "Pourquoi inciter des adolescents à lire
de la littérature ?", Bulletin des
Bibliothèques
de France, t. 48, 3, p. 29-36.
> Lien internet
> "
Des campagnes aux quartiers ‘sensibles’ :
la poétique des lecteurs", in Olivier Donnat
et Paul Tolila, Le(s) Public(s) de la culture, Paris,
Presses de Sciences Po, 2003,t. 2, pp. 137-146.
> "
La lecture, c’est mon pays", Lecture
Jeune,
106, juin 2003, pp. 13-16.
> "
La culture se chaparde", in Henriette Zoughebi
(dir.) La Littérature dès l’alphabet,
Paris, Gallimard, 2002, pp. 86-96.
> "
Le droit à la métaphore", Lecture
Jeune, Paris, 95, novembre 2000, pp. 19-30.
> Lien internet
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