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L'Ecole du livre de jeunesse, c'est parti !
05/01/12
Colloque : Évolutions, innovations, conservations ou révolutions, les médiations littéraires en questions
11/12/11
31 jan. 7 et 14 fév. 2012
Journées d’initiation : la médiation en littérature de jeunesse

26/12/11

Colloques et ateliers


Colloque
« Les princes, les princesses et le sexe des anges »

Programme (téléchargez la version PDF, en cliquant ici)

Jeudi 27 mai de 9h30 à 17h30
Merveilleux, rêves et enfance

Quelle fonction symbolique princes et princesses tiennent-ils dans les contes ? Sur quelles structures imaginaires et ressorts psychiques s'appuient-ils ? Quels rêves provoquent-ils ? Quelles représentations des figures « masculin / féminin » nourrissent-ils ?

- La jeune fille merveilleuse
Pierre Péju
, philosophe et écrivain
Partant de la figure de la princesse comme archétype de l'imaginaire, Pierre Péju reviendra sur la notion de merveilleux en la mettant en relation avec celles du fantastique, du mystérieux, du bizarre... Dans un va-et-vient entre l'univers des contes traditionnels et la presse « people », il montrera quel glissement s'est opéré du merveilleux au mystérieux, de la logique du désir à celle du soupçon... Entre quête d'identité et idéalisation d'une identité « affichée », il évoquera comment la représentation du merveilleux, issue de la presse « people », s'est substituée à celle des contes d'antan, argent et spectacle devenant les baguettes magiques des princesses fabriquées, médiatisées, élues et déchues.

- Les grandes figures des princes et des princesses dans les contes : point de vue historique
Anne Defrance
, Maître de conférences en littérature française
Spécialiste des littératures des XVIIe et XVIII e siècle, Anne Defrance, dont les champs d'études portent notamment sur les contes merveilleux classiques, dressera, à partir des sources du conte pour enfants (Charles Perrault, Mme d'Aulnoy, Mme Leprince de Beaumont...) et autres contes de nature diverse : contes pseudo-orientaux, contes parodiques, contes libertins, philosophiques..., une typologie des figures des princes et princesses dans ces récits.

- Et pour le pire ?
Claude de la Genardière
, psychanalyste
La part du rêve apparaît aussi anachronique et incongrue dans nos vies que celle du conte : toujours en décalage, mariant tous les temps et échappant à toutes nos tentatives de domestication morale, éducative, intellectuelle. Nos princes et nos princesses de rêves ne se rencontrent-ils vraiment que le temps de notre enfance et de notre adolescence ? Et ne se marient-ils donc que pour le meilleur ?
À travers l'exemple d'un conte cent fois remis sur le métier, nous tenterons d'accueillir à nouveau les surprises de nos détours psychiques, de nos oublis, dans nos dénis : déni du temps, de la mortalité, de la différence sexuelle, de la succession des générations, toutes notions bien ébranlées dans nos sociétés d'aujourd'hui et qui mettent à la question tous les âges de la vie...

- Analyse et impressions de lecture : Deux regards sur les contes revisités et l'actualité éditoriale
Viviane Durand
, orthophoniste et Pascale Mignon, psychologue et spychanalyste
En suivant quelques versions choisies de cinq contes, d'albums en livres illustrés, nous nous aventurerons sur des chemins aux contours incertains, à la croisée du texte et de l'image. Adultes revisitant les contes d'enfance, nous voilà confrontés à nos « illusions perdues », à moins que l'attention portée à cette trace sensible d'une rencontre entre un auteur et un illustrateur ne nous mène au plaisir de la découverte d'« illusions maintenues ». Le conte serait alors toujours d'actualité, tant pour les adultes que pour les enfants.

- Des contes aux romans fantastiques, héros et héroïnes sont-ils les descendants directs des princes et des princesses ? Sont-ils dotés de nouvelles attributions ?
Isabelle Smadja
, agrégée de philosophie
Si la fin des contes est incontestablement le mariage du prince et de sa princesse, ne destiner les jeunes héros contemporains qu'à une vie conjugale heureuse serait pour le moins étrange : les héroïnes contemporaines aspirent désormais à une personnalité complexe, ouvrant la voie à de multiples possibilités d'existence. Pourtant, il arrive que l'intention de l'auteur soit contredite par ce qu'Umberto Eco nomme « l'intention du texte », véhiculée inconsciemment en dépit de l'auteur.
Garçons et filles retrouvent alors au fil des récits des rôles plus stéréotypés que le début du roman le laissait penser. La mutation est plus décisive en revanche dans l'usage des objets merveilleux.
Carte du maraudeur ou cape d'invisibilité de J.K. Rowling, aléthiomètre de Philip Pulman... : les écrivains se sont emparés du merveilleux des contes en le remodelant pour traduire, par le biais de nouveaux objets magiques, les angoisses et les désirs engendrés par les nouvelles technologies numériques et les avancées neuroscientifiques.


Vendredi 28 mai de 9h30 à 17h30
Fantastique, fantasmes et adolescence

Autre âge, autres héros et héroïnes... Quotidien et fantastique s'imbriquent et dévoilent des princes et des princesses inscrits dans des mondes en mutation. Quels fantasmes ces personnages incarnent-ils ? Quels miroirs offrent-ils ? Qui sont les princes et les princesses d'aujourd'hui ?


- À l'origine de la littérature fantastique : images, fantasmes et représentations sexuées des corps dans Lilith, de George MacDonald (1895).
Françoise Dupeyron-Lafay
, professeur de littérature britannique du XIXe siècle et Présidente d'honneur du CERLI (Centre d'études et de recherches sur les littératures de l'imaginaire)
Après une brève présentation de George MacDonald et de son roman, et un petit panorama littéraire et pictural des personnages féminins du XIXe siècle possédant un pouvoir de séduction maléfique (de l'époque romantique à la période décadence), qu'il s'agisse ou non de princesses, cette communication se penchera sur le personnage de Lilith, première épouse d'Adam, femme fatale et vampire. Bien que redevable à de nombreuses influences, profanes et sacrées, la Lilith de MacDonald constitue une réelle innovation, d'une part, parce jamais une œuvre entière ne lui avait été consacrée et qu'elle devient une héroïne de fiction à part entière, et d'autre part, parce qu'elle est une femme vampire d'une beauté éblouissante, décrite au chapitre 25 intitulé « La Princesse », terme inattendu pour la reine des ténèbres.

Lilith se caractérise par sa dualité : sa beauté quasi sublime est ternie par le mal. Elle se métamorphose fréquemment en animal (fauve, félin, sangsue géante). C'est cette part d'animalité qui suggère le mieux la cruauté et le caractère prédateur du personnage. La Lilith de MacDonald, outre son rôle traditionnel de rebelle et de femme damnée, cruelle et fatale, possède des attributs qui constituent une recréation par rapport au modèle biblique originel, notamment ses connotations nettement érotiques en relation avec les récits de vampirisme du XIXe siècle, comme dans la nouvelle « Carmilla » du recueil In a Glass Darkly (1872) de Joseph Sheridan LeFanu. Mais au-delà de ces aspects qui pourraient sembler « classiques » mais ne le sont que très partiellement (Dracula n'ayant été publié que deux ans plus tard, en 1897), ce qui constitue sans doute sa plus grande originalité est sa dimension fantasmatique; elle est une créature que le désir des hommes maintient en vie.

- Les princes et princesses de la littérature adolescente aujourd'hui, Analyse et impressions de lecture :
Christine Détrez
, sociologue
De Fascination (Stephenie Meyer) à La Quête d'Ewilan (Pierre Bottero), en passant par Tobie Lolness (Timothée de Fombelle), ou encore Le Roman d'une princesse (Meg Cabot), les récits de princes et princesses connaissent un succès grandissant auprès des adolescents. En confrontant un corpus de romans parus ces dernières années aux résultats d'enquêtes menées sur les lectures des adolescents, Christine Dètrez, posera la question de la perception de ces héros par les adolescents et des représentations qu'ils peuvent incarner aujourd'hui.

- Réalités virtuelles et questions de pouvoir
Benoît Virole
, docteur en psychologie et sciences du langage
L'utilisation massive de jeux vidéo en ligne chez les adolescents n'est pas uniquement intelligible par des approches sociologiques et psychologiques. Elle relève du retour d'un refoulé dans notre culture : celui de la nécessité de l'initiation héroïque pour advenir à l'âge adulte. Cette initiation se réalise par la délégation dans le virtuel. Le sujet s'incarne virtuellement dans un avatar numérique, qu'il va entraîner au combat et à l'affrontement des forces adverses. À l'issue de cette quête, il acquiert un nouveau statut et en ressort transformé. Jugements outragés sur la violence des jeux vidéo et crainte de l'addiction doivent ainsi être dialectisés par la compréhension des enjeux anthropologiques profonds suscités par l'utilisation des aventures virtuelles.

- Figures d'adolescents, figures d'anges au cinéma : évolution et miroirs...
Tristan Garcia-Fons
, pédopsychiatre, psychanalyste
Au centre de l'imagerie contemporaine, la figure de l'ange est partout présente, dans la pub et les magazines autant que dans l'art, et l'ange s'impose comme une figuration privilégiée de l'adolescence. L'ange-adolescent ou l'archange, souvent représenté comme un jeune homme imberbe aux traits féminins, exerce une fascination et un engouement qui ne tient pas seulement à la dimension d'ambiguïté sexuelle qui a pu faire s'interroger sur le sexe des anges. À partir d'exemples tirés d'oeuvres cinématographiques récentes, nous nous pencherons sur les multiples facettes et questions que révèlent les figures angéliques de l'adolescence.


À noter
« Princes et princesses » structurera également le thème de la prochaine édition du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Drnis (1er - 6 décembre 2010).

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