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Présentation de l'exposition « clac clac » |
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clac clac
Six moments de frayeur, illustrés par Beatrice Alemaga, David B, Stéphane Blanquet, Henri Galeron, Michel Galvin et Joëlle Jolivet.
La scénographie de l'exposition « clac clac », imaginée par Olivier Douzou, s'inspire des contes pour enfants. Le visiteur se promène entre les créations des illustrateurs comme dans une histoire, il retrouve les codes universels des contes classiques : la forêt, la maison de l'ogre, la nuit... Olivier Douzou s'est plus particulièrement inspiré du Petit poucet. Sans doute parce que conte, qui de bout en bout fait ressentir la peur de se perdre, reste pour lui parmi les plus inquiétants. Peut-être aussi qu'il trouve le titre drôlement joli quand on voit la cruauté de l'histoire. La mise en scène de l'exposition comme les « six frayeurs » imaginées par Beatrice Alemagna, Stéphane Blanquet, Henri Galeron, Joëlle Jolivet, David B. et Michel Galvin fonctionne comme autant d'épreuves que le visiteur devra « affronter » pour devenir grand.
L'accueil se fait dans un espace convivial, lumineux, chaleureux. C'est La maison. Celle du Petit poucet, mais ce pourrait être tout aussi bien être celle du Petit chaperon rouge, ou d'Hansel et Gretel, celle où les histoires commencent, celle que le héros du conte doit quitter effectivement et symboliquement pour grandir. Les murs de cet espace se présentent comme un livre déplié, un pop-up. À travers les fenêtres, on devine la forêt. Dehors il fait nuit, on imagine les hautes branches des arbres, on voit des yeux qui nous appellent ou nous épient. C'est l'extérieur inquiétant, l'inconnu. En bout de façade, un escalier semble ouvrir vers la cave. Petit rappel : l'intérieur aussi peut s'avérer inquiétant.
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Les arbres à cauchemars de Béatrice Alemagna
Béatrice Alemagna a investi le tronc des arbres pour abriter son histoire. Chacun d'eux raconte les peurs d'une même petite fille que l'artiste a choisie de représenter avec des techniques différentes, collages, laine bouillie, papier mâché, céramique, dessin, modelage, ce qui confère tout à la fois de l'étrangeté et de l'humanité à son personnage. L'inconnu. L'abandon. Le dégoût. La perte. L'angoisse. La disparition. La métamorphose. Le désespoir. La chute. L'immobilisme. Dix scènes, dix arbres, dix mots, dix cauchemars qui taraudent l'artiste.
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La chambre de Stéphane Blanquet
Stéphane Blanquet a imaginé une chambre d'enfant. Son installation parle de transformation, de métamorphose, de ces jouets, doudous et autres objets familiers qui, à la faveur de la nuit, changent de forme et de proportion pour devenir effrayants. En vrai, il y a deux chambres. La première semble très traditionnelle. Un lit, une commode, une lampe de chevet, un ours en peluche tout ce qu'il y a de plus rassurant. Sauf que le lit s'appuie sur une cloison qui pivote vers un deuxième espace. Là, tout bascule, les ombres deviennent effrayantes, les jouets cauchemardesques, l'ours en peluche dévorant. Faux-semblants, double-fond, ombres chinoises, arrière-plans, le visiteur se retrouve sur le fil, en équilibre, mal à l'aise, entraîné directement dans l'interprétation causée par la peur.
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Le cadavre exquis de David B.
David B. s'est transformé en médecin légiste d'un cadavre qui mesure 4 mètres de long. Comme tout bon dessinateur de bande dessinée qui se respecte, il a commencé par le découper en cases. 22 au total dont la lecture transforme le visiteur en enquêteur. A lui de découvrir ce qui a causé la mort de ce drôle de géant. La chose n'est pas aisée car les planches de David B. sont denses. Il faut bien observer. Sans dévoiler la solution, on peut quand même dire qu'il s'agit d'une histoire de vengeance dans laquelle se trouve impliqué un certain Petit poucet. La suite appartient à l'imaginaire du visiteur.
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Le mur monstrueux d'Henri Galeron
Les images d'Henri Galeron se découvrent en collant son œil à des trous de serrure. Interdits, curiosité : le mur est noir et les trous de serrure éclairés, les traits de lumière attirants et inquiétants. La paroi aimante inexorablement vers le danger. Au total, quarante images, extraites des carnets de croquis prêtées par l'auteur qui toutes à sa façon subtile, traitent d'étrangeté et de monstruosité.
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Les rochers étranges de Michel Galvin
Michel Galvin emporte le visiteur dans la démesure, le rêve, le vertige. Ne peut comprendre que celui qui chausse ses bottes de sept lieues pour découvrir les cailloux géants que l'auteur a dessinés. Il nous invite à l'intérieur où se racontent des histoires supposées, esquissées, comme en suspension. La peur vient de l'imprévisible que l'on attend pourtant. Isolés dans ces paysages visuels et sonores, la liberté et la légèreté de l'image paraissent inverses au poids des rochers. On se trouve déstabilisé, déséquilibré, on se prend à douter de ces cailloux géants qui dans les histoires servent aux héros à se retrouver le héros et ici à les perdre.
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La maison des ogres de Joëlle Jolivet
Joëlle Jolivet s'est saisie du thème de la dévoration. Deux cloisonnement en vis-à-vis, deux livres ouverts construisent cet espace, dans lequel le visiteur se verra lecteur lui-même dévoré.
Sur les murs extérieurs, l'artiste a croqué des scènes mythiques : le capitaine Crochet et le crocodile, Gargantua, le Petit chaperon rouge et le loup, Polyphème et Ulysse, Jonas... À l'intérieur, une lumière rouge et attirante, sur la porte d'entrée un slogan connu : c'est pour mieux te manger mon enfant. Celui qui se risquera à entrer découvrira les restes de personnages célèbres ou anonymes dévorés par des ogres multiples, ainsi que les recettes qui ont inspiré le fin cuisinier.
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